Il lui avait donné rendez-vous sur un canal IRC et lui avait stipulé qu’il se nommerai Loki. Comme à son habitude pour les soirées solitaires devant l'ordinateur, il éteignit la lumière pour n'être éclairé que par les pixels de son 19 pouces, la bouteille de soda et les chips à portée de main, pour ne pas avoir à se lever inutilement jusque la cuisine.
Après quelques déboires pour trouver un nickname qui ne soit pas pris, il se connecta à l'endroit indiqué sous le pseudonyme du Viking, tout simplement. A 21h pétantes, il vit une fenêtre clignoter, il sentit un courant d’air frais parcourir la pièce installant une ambiance pesante.
C'était LUI !
Une peur inexplicable serra le cœur de Thomas. Les mains moites sur le clavier, il était comme pétrifié et ne pouvait se détourner de l'écran. Les yeux écarquillés, machinalement, il avança le pointeur sur l'onglet et cliqua. Les mots se détachaient distinctement. Il resta figé, bouche bée, ne pouvant essuyer les gouttes de sueur qui perlaient sur son front. Loki commença alors à expliquer froidement ce qu'il allait faire de son âme...
Pendant de longues minutes, il lui expliqua ce qu’engageait cette vente qu’il venait de conclure, les conditions du contrat, et les conséquences que pourraient avoir un éventuel refus ou abandon de sa part. Il écrivait de courtes phrases au sens clair et direct, marquant un temps d’arrêt entre chacune d’elles comme pour s’assurer que Thomas avait bien le temps de lire et, surtout, de comprendre ce qu’il envoyait.
Bien que claire et précise, son explication n’était pas complète. Il manquait un élément important. Thomas posa cette question qui lui torturait l’esprit depuis quelques minutes :
- Que devrais-je faire ?
Plusieurs minutes s’écoulèrent, à la manière d'un automate, il saisit la bouteille de soda afin de se resservir un verre. Il avala rapidement quelques gorgées oubliant à cet instant que la caféine n’était pas vraiment anxiolytique. La réponse de Loki apparut au moment où il reposa le verre sur le bureau, lui donnant la troublante impression que cette personne était en train de l’observer.
- Rien.
La simplicité de la réponse lui glaça le sang. Cette réponse venait de le plonger dans un dédale de peurs et de doutes. Lui, l'optimiste à toute épreuve. Après quelques minutes qui lui parurent une éternité, il vit apparaître la suite de la réponse :
- Tu seras là quand j’aurai besoin de toi, où que tu sois et quoi que tu fasses.
Il marqua une pause de quelques secondes pour reprendre de manière omnisciente :
- Je t’appellerai et tu viendras.
"C'est tout?" Lâcha Thomas à voix haute. Le classicisme du message lui fit reprendre le dessus sur le poids de la peur qui oppressait sa poitrine, se disant qu’une réponse si mal inspirée ne pouvait être que la preuve d’une blague stupide ! Reprenant complètement confiance en lui, ses instincts de « geek à qui on ne la fait pas » reprirent le dessus et pour détendre l'atmosphère, comme il a toujours su le faire, il plaisanta :
- Hum, c’est toi qui paieras les tickets de métro?
Pour toute réponse, il ne vit qu’un simple « merci ». Merci ? La réponse semblait incohérente au vu de la question posée… Drôle de réponse à une blague. Une blague... Dans un sursaut, il se leva brusquement, renversa la chaise et envoya voler la moitié des objets présents sur le bureau… Il courut en direction de la fenêtre, il approcha sa main imperceptiblement tremblante et la posa fébrilement sur le rideau. Il écarta doucement le tissu tout en se persuadant qu'il vivait un mauvais rêve. Sa respiration s’arrêta. Un rai de lumière pénétra son antre. Impossible… Il s'était écoulé six heures entre la question posée et la réponse incohérente ! Après un bref instant où il resta tétanisé de stupeur, il saisit le réveil en se laissant tomber sur le lit. Il regarda le cadran. Pour lui aussi le verdict était sans appel, dans dix minutes sonnerait l’heure du réveil.
Après quelques déboires pour trouver un nickname qui ne soit pas pris, il se connecta à l'endroit indiqué sous le pseudonyme du Viking, tout simplement. A 21h pétantes, il vit une fenêtre clignoter, il sentit un courant d’air frais parcourir la pièce installant une ambiance pesante.
C'était LUI !
Une peur inexplicable serra le cœur de Thomas. Les mains moites sur le clavier, il était comme pétrifié et ne pouvait se détourner de l'écran. Les yeux écarquillés, machinalement, il avança le pointeur sur l'onglet et cliqua. Les mots se détachaient distinctement. Il resta figé, bouche bée, ne pouvant essuyer les gouttes de sueur qui perlaient sur son front. Loki commença alors à expliquer froidement ce qu'il allait faire de son âme...
Pendant de longues minutes, il lui expliqua ce qu’engageait cette vente qu’il venait de conclure, les conditions du contrat, et les conséquences que pourraient avoir un éventuel refus ou abandon de sa part. Il écrivait de courtes phrases au sens clair et direct, marquant un temps d’arrêt entre chacune d’elles comme pour s’assurer que Thomas avait bien le temps de lire et, surtout, de comprendre ce qu’il envoyait.
Bien que claire et précise, son explication n’était pas complète. Il manquait un élément important. Thomas posa cette question qui lui torturait l’esprit depuis quelques minutes :
- Que devrais-je faire ?
Plusieurs minutes s’écoulèrent, à la manière d'un automate, il saisit la bouteille de soda afin de se resservir un verre. Il avala rapidement quelques gorgées oubliant à cet instant que la caféine n’était pas vraiment anxiolytique. La réponse de Loki apparut au moment où il reposa le verre sur le bureau, lui donnant la troublante impression que cette personne était en train de l’observer.
- Rien.
La simplicité de la réponse lui glaça le sang. Cette réponse venait de le plonger dans un dédale de peurs et de doutes. Lui, l'optimiste à toute épreuve. Après quelques minutes qui lui parurent une éternité, il vit apparaître la suite de la réponse :
- Tu seras là quand j’aurai besoin de toi, où que tu sois et quoi que tu fasses.
Il marqua une pause de quelques secondes pour reprendre de manière omnisciente :
- Je t’appellerai et tu viendras.
"C'est tout?" Lâcha Thomas à voix haute. Le classicisme du message lui fit reprendre le dessus sur le poids de la peur qui oppressait sa poitrine, se disant qu’une réponse si mal inspirée ne pouvait être que la preuve d’une blague stupide ! Reprenant complètement confiance en lui, ses instincts de « geek à qui on ne la fait pas » reprirent le dessus et pour détendre l'atmosphère, comme il a toujours su le faire, il plaisanta :
- Hum, c’est toi qui paieras les tickets de métro?
Pour toute réponse, il ne vit qu’un simple « merci ». Merci ? La réponse semblait incohérente au vu de la question posée… Drôle de réponse à une blague. Une blague... Dans un sursaut, il se leva brusquement, renversa la chaise et envoya voler la moitié des objets présents sur le bureau… Il courut en direction de la fenêtre, il approcha sa main imperceptiblement tremblante et la posa fébrilement sur le rideau. Il écarta doucement le tissu tout en se persuadant qu'il vivait un mauvais rêve. Sa respiration s’arrêta. Un rai de lumière pénétra son antre. Impossible… Il s'était écoulé six heures entre la question posée et la réponse incohérente ! Après un bref instant où il resta tétanisé de stupeur, il saisit le réveil en se laissant tomber sur le lit. Il regarda le cadran. Pour lui aussi le verdict était sans appel, dans dix minutes sonnerait l’heure du réveil.