lundi 15 septembre 2008

Partie 3 - Axiome

Il lui avait donné rendez-vous sur un canal IRC et lui avait stipulé qu’il se nommerai Loki. Comme à son habitude pour les soirées solitaires devant l'ordinateur, il éteignit la lumière pour n'être éclairé que par les pixels de son 19 pouces, la bouteille de soda et les chips à portée de main, pour ne pas avoir à se lever inutilement jusque la cuisine.
Après quelques déboires pour trouver un nickname qui ne soit pas pris, il se connecta à l'endroit indiqué sous le pseudonyme du Viking, tout simplement. A 21h pétantes, il vit une fenêtre clignoter, il sentit un courant d’air frais parcourir la pièce installant une ambiance pesante.

C'était LUI !

Une peur inexplicable serra le cœur de Thomas. Les mains moites sur le clavier, il était comme pétrifié et ne pouvait se détourner de l'écran. Les yeux écarquillés, machinalement, il avança le pointeur sur l'onglet et cliqua. Les mots se détachaient distinctement. Il resta figé, bouche bée, ne pouvant essuyer les gouttes de sueur qui perlaient sur son front. Loki commença alors à expliquer froidement ce qu'il allait faire de son âme...
Pendant de longues minutes, il lui expliqua ce qu’engageait cette vente qu’il venait de conclure, les conditions du contrat, et les conséquences que pourraient avoir un éventuel refus ou abandon de sa part. Il écrivait de courtes phrases au sens clair et direct, marquant un temps d’arrêt entre chacune d’elles comme pour s’assurer que Thomas avait bien le temps de lire et, surtout, de comprendre ce qu’il envoyait.
Bien que claire et précise, son explication n’était pas complète. Il manquait un élément important. Thomas posa cette question qui lui torturait l’esprit depuis quelques minutes :

- Que devrais-je faire ?

Plusieurs minutes s’écoulèrent, à la manière d'un automate, il saisit la bouteille de soda afin de se resservir un verre. Il avala rapidement quelques gorgées oubliant à cet instant que la caféine n’était pas vraiment anxiolytique. La réponse de Loki apparut au moment où il reposa le verre sur le bureau, lui donnant la troublante impression que cette personne était en train de l’observer.

- Rien.

La simplicité de la réponse lui glaça le sang. Cette réponse venait de le plonger dans un dédale de peurs et de doutes. Lui, l'optimiste à toute épreuve. Après quelques minutes qui lui parurent une éternité, il vit apparaître la suite de la réponse :

- Tu seras là quand j’aurai besoin de toi, où que tu sois et quoi que tu fasses.

Il marqua une pause de quelques secondes pour reprendre de manière omnisciente :

- Je t’appellerai et tu viendras.

"C'est tout?" Lâcha Thomas à voix haute. Le classicisme du message lui fit reprendre le dessus sur le poids de la peur qui oppressait sa poitrine, se disant qu’une réponse si mal inspirée ne pouvait être que la preuve d’une blague stupide ! Reprenant complètement confiance en lui, ses instincts de « geek à qui on ne la fait pas » reprirent le dessus et pour détendre l'atmosphère, comme il a toujours su le faire, il plaisanta :

- Hum, c’est toi qui paieras les tickets de métro?

Pour toute réponse, il ne vit qu’un simple « merci ». Merci ? La réponse semblait incohérente au vu de la question posée… Drôle de réponse à une blague. Une blague... Dans un sursaut, il se leva brusquement, renversa la chaise et envoya voler la moitié des objets présents sur le bureau… Il courut en direction de la fenêtre, il approcha sa main imperceptiblement tremblante et la posa fébrilement sur le rideau. Il écarta doucement le tissu tout en se persuadant qu'il vivait un mauvais rêve. Sa respiration s’arrêta. Un rai de lumière pénétra son antre. Impossible… Il s'était écoulé six heures entre la question posée et la réponse incohérente ! Après un bref instant où il resta tétanisé de stupeur, il saisit le réveil en se laissant tomber sur le lit. Il regarda le cadran. Pour lui aussi le verdict était sans appel, dans dix minutes sonnerait l’heure du réveil.

lundi 1 septembre 2008

Retard..!

Bon, y a un peu de retard dans le rythme donné sur les deux premières parties! Mais point d'inquiétude, un certain nombre de parties sont déjà prêtes et ne nécessitent plus qu'une simple relecture orthographique (ma spécialité comme vous l'avez sûrement constaté). Malheureusement, la vie réelle ne se contrôle pas à coup d'ebay ou autre walker et la quête professionnelle commencée par Melo ne permet pas de SoE ou pierre de foyet dans sa phase finale!
Si tout se passe bien dans l'affrontement du boss final, la partie 3 devrait sortir dans la nuit de lundi à mardi, et les parties suivantes devraient reprendre un rythme plus ou moins similaire aux deux premières parties.
Un peu de patience et profitez en pour nous laisser quelques commentaires!

mardi 19 août 2008

Partie 2 - Ebauche

Le Viking s’était battu vaillamment la nuit dernière. Il était rentré au bercail triomphalement, portant ses troupes à bout de bras pour les ramener dans leurs baraquements. Ses amis conteront cette traversée, digne de lui ouvrir les portes du Valhalla, une épopée lyrique qui au fil du temps deviendra légende comme celle d'Ulysse qui reconduit les siens en leurs terres,… Encore eut-il fallut que l’un de ses amis, luttant vaillamment contre les brumes de l’oubli, fut capable de se souvenir de cet onirique exploit. Pour l’heure, point de valkyrie pour le guider au-delà des portes célestes, ne lui laissant que la simple satisfaction du devoir accompli. Eric pouvait être heureux d’avoir eu tel anniversaire. Et si, malgré son glorieux final trépassant dans les méandres des souvenirs perdus, l’entrée du royaume des cieux lui restait close, les bardes chanteront, de longues années encore, des odes au propos de cette formidable aventure. Alors, on gravera dans la pierre la légende du Viking qui, en fin stratège, avait terrassé le terrible ennui et la diabolique tristesse.

Mais pour l’heure, il n’en est rien. Thomas se réveillait avec une gueule de bois horrible. Ne restait plus du glorieux héros qu’un ramassis de douleurs au teint verdâtre. Il faisait peine à voir. Loin des batailles victorieuses de la veille, il était temps pour le guerrier de se reposer. Il se leva péniblement de son lit, se cogna le genou contre le bord du lit. Il enfila son peignoir au motif écossais – qui inspirait l’horreur et le dégoût à la plupart des femmes qui avait eu l’occasion de partager sa couche. Il traîna ses grands pieds nus en boitant légèrement jusque la salle de bain et prit une douche froide et rapide. Il but un café serré, dont il renversa la moitié par terre, et avala des tartines beurrées pour assouvir les cris de son estomac. Il ressassa alors sa soirée et se rendit compte qu’il avait eu des moments d’absence. Cela lui arrivait de plus en plus souvent dernièrement.

C’est alors qu’il se rappela de l’énormité qu’il avait commise ! Les bouteilles de champagne ! Horreur et damnation ! Il s’était infligé lui-même le supplice de Tantale et les sept plaies d’Egypte en une soirée. Thomas ne savait pas quoi faire. Dimanche, la banque était fermée. Le paiement sera effectif d’ici 5 jours. Peut-être pourrait-il s’arranger avec sa banque ? Mais pas avant mardi… Pour l’heure, il était impossible d’agir. Et puis, il se rassura en se disant qu’il n’avait jamais eu de soucis avec ses comptes en banque et misait sur les nombreuses années durant lesquelles il s’était conduit en client modèle. Il décida donc de s’occuper la tête pour éviter de penser à ces affreux soucis financiers.

Il n’était toujours pas au mieux de sa forme après s’être rempli le ventre, si bien qu’il déclara cette journée comme journée « no life ». Il alluma alors l’ordinateur. Automatiquement, sa radio web préférée démarra et lança un air jazzy. Il ouvrit son lecteur de flux RSS pour découvrir les news du monde. Cela l’aidait à relativiser sur ses problèmes financiers. Il ouvrit ensuite sa boîte mail. Un mail de sa sœur qui lui demande de venir – encore – réparer son imprimante. Entre les quelques newsletters et notifications des forums qu’il suivait, il découvrit un étrange courriel indiquant que la vente s’était correctement déroulée et qu’il pouvait désormais contacter l’acheteur. Une vente ? Il n’avait pas souvenir d’avoir mis quoi que ce soit en vente sur la toile depuis quelques mois, depuis cet horrible vase jaune aux motifs criards que son ex, une jolie rousse, lui avait offert. Il s’occuperait de ça demain, aujourd’hui, il avait décidé de regarder l’intégralité de la dernière saison de Dieu, le Diable et Bob.

La fatigue et les restes d’alcool de la veille le firent sombrer avant même la fin du premier épisode. Bien que profondément endormi le signal d’un message entrant le tira de son sommeil. C’était l’acheteur. Il l’invitait à consulter son compte en banque avant de lire la suite. Immédiatement, Thomas vérifia son compte en ligne et constata un virement de 2000 euro ! Etonné de voir son compte en si bonne forme, il lut rapidement la suite du message. L’acheteur lui indiquait simplement qu’il souhaitait lui parler le soir même et l’invitait à rester près de son ordinateur vers minuit.

lundi 11 août 2008

Partie 1 - Débauche

La soirée était déjà bien avancée. Thomas prenait par l'épaule son meilleur ami Eric qui fêtait ses 25 ans. Thomas, le sourire béat du type alcoolisé, était fier de voir Eric enfin sortir de ses années de médecine. Il était major de sa promotion et Thomas lui vouait une admiration sans bornes. Bien qu'il soit d'un an son aîné, il le considérait comme un grand frère. Eric avait toujours été là pour lui. Le jeune docteur était grand et mince, à la limite de la maigreur. Il avait le visage fin et des traits doux, presque féminins. Des cheveux noirs, les yeux bleus et la peau pâle accroissaient l'impression d'une apparente fragilité physique. Malgré une visible faiblesse corporelle, il faisait partie de cette élite d'hommes qui sont instinctivement respectés. Il était charismatique, du genre beau brun ténébreux qui faisait craquer d'un seul regard les demoiselles qui croisaient ses yeux d'un bleu glacé. Thomas était son plus fidèle suivant.

Cependant, la relation qui les unissait était une profonde et réelle amitié où Eric prenait grand soin, et ce, malgré l'admiration béate que lui portait Thomas, de garder une relation d'égal à égal. Thomas était aussi grand qu'Eric mais beaucoup plus large, il avait un air bourru avec ses sourcils touffus, mais toujours le sourire large du bon vivant. Les yeux verts emplis de gentillesse contrastaient avec le nez proéminent qu'il portait au milieu de son large faciès. La plupart de ses amis l'appelaient affectueusement le Viking, à cause de ses cheveux blonds et de sa barbe qu'il oubliait souvent de raser. Malgré sa taille imposante, il inspirait la sympathie et la plupart des gens lui donnait facilement son amitié. Les deux amis fêtaient donc l'anniversaire du jeune médecin fraîchement diplômé avec nombre de camarades. Et cette soirée se devait d'être mémorable.

Le groupe avançait gaiement titubant, en direction de la boîte de nuit, les moins alcoolisés aidant les plus imbibés à avancer. Minuit sonnait et Thomas leur avait promis une deuxième partie de soirée en apothéose ! Un finish de star, façon vip !
Quelques mots échangés avec la physionomiste qui était une bonne amie de Thomas et les énormes videurs noirs ouvrirent les portes. Le groupe entra dans le hall à la vue stupéfaite des personnes ayant été refoulées. Les demoiselles dénudaient leurs épaules tandis que les hommes payaient le vestiaire. Ils étaient parés pour le summum de la soirée, une des baraques ouvrit la porte, le volume excessif de la musique et l’omniprésence des basses les prirent aux trippes, donnant un coup de fouet aux plus apathiques du groupe.

Thomas s’avança pour murmurer quelques mots au videur qui lui indiqua une serveuse. Celle-ci les guida vers un petit escalier menant au carré vip et les invita à s’asseoir, la troupe suivit en criant et dansant. Le DJ résidant faisait une ovation à une star locale des platines qui n'allait pas tarder à faire son entrée. Ambiance survoltée dans un amas de basses qui comprimaient les poumons. Deux filles s'installèrent sur les podiums en se trémoussant tout en pointant leur bouche de leur pouce pour indiquer à Thomas qu'elles avaient besoin de carburant. A peine assis, les commandes commencèrent à fuser de l’ensemble des convives, stoppés net par la voix rauque du maître de cérémonie :

- Aujourd’hui, c’est l’anniv de mon pote Eric ! Et il a eu sa mention !! Pour fêter ces vingt ans d’amitié où il a toujours sur être là pour moi, aujourd’hui c’est moi qui régale : tournée générale et champagne pour tous !!

La fête battait son plein, l’ensemble du groupe avait maintenant largement dépassé le seuil de l’euphorie, l’alcool et les produits illicites en ayant mis certains en transe, ondulant à la limite de l’inconscience sur la piste de danse, tandis que d’autres continuaient d’alterner entre la piste et la table, vidant les coupes plus vite qu’elles ne se remplissaient, tandis que certains commencèrent à comater sur les divans. Voyant Thomas, complètement grisé par l'ambiance, saisir une nouvelle bouteille, la main sur le bouchon, prêt à le faire sauter, Eric commença à s’inquiéter :

- Tu devrais te calmer sur le champagne… Je sais pas si t’as vu le prix…

Trop tard, le bouchon sauta, la mousse se répandit. Le Viking n'avait pas de verre sous la main et renversa une bonne partie du contenu dans sa gorge. Sa chemise était trempée, cela ne le gênait en rien, il brandit la bouteille et déclara d'un rire gras :

- Pour mon meilleur pote je serais prêt à vendre mon âme !!

Les verres fusèrent de toute part sous une huée d'applaudissements et de cris.
Cinq heures du matin. La fatigue étant maintenant plus que présente, ne laissant de l’euphorie collective des quelques invités restants qu’une indescriptible envie de rire aux moindres mots pouvant sortir de leurs bouches. Passage en caisse, à la vue du montant de la facture, un rictus apparut sur le visage du Viking :

- La vache ! Comment j'vais payer mon loyer!?

Le petit groupe éclata de rire, Eric moins alcoolisé que les autres lança froidement vers son ami :

- Quand je t’ai prévenu, t’étais prêt à vendre ton âme, t’as plus qu’à aller la foutre sur Ebay !

L’effet de l’alcool aidant, il ne fit pas attention au regard accusateur de celui qu'il admirait tant et commença à rire bêtement :

- Pas con! Direct mille euro, ça paiera l'champagne !!

L’ensemble du groupe éclata de rire, en essayant difficilement de se mettre en route pour rentrer.

Début d'une histoire...

La vie tient des fois à si peu de choses, un jour vous êtes un "nolife" passant l'ensemble de son temps libre sur un ordinateur à fréquenter des avatars se promenant dans un monde virtuel, puis soudain... Soudain, alors que vous pensiez tout avoir (oui oui y compris le dernier T6 ou votre draco +16), arrive l'événement imprévu!
De cet événement imprévu et d'une passion commune a émergé une histoire, une nouvelle sans prétention nous permettant d'exprimer tous deux un désir commun : ne pas laisser s'évanouir ces histoires auquel on penses en permanence s'en même sans rendre compte.
Donc, voila le début d'une histoire, écrite avec Melopey (http://melopey.blogspot.com), un petit thriller fantastique dont nous mettons aujourd'hui la première partie en ligne.
Contrairement à l'idée qui pourrait transparaitre de mon premier post : on attend vos critiques, positives, negatives, toutes sont les bienvenues du moment qu'elles sont constructives.
(ps : n'allez voir le compteur electrique qu'apres avoir ecrit votre critique!)

dimanche 10 août 2008

Premiers pas

Enfin ! Finalement voilà les premiers pas de ma nouvelle vie virtuelle ! Une lubie de ma part qui n'a finalement de nouvelle que sa concrétisation. Depuis longtemps je nourrissais le rêve secret de m’exprimer à la vue de tous… sans être vu ! Peut-être est-ce ce côté magique de la toile qui, finalement, me fait me lancer, cette possibilité d’être quelqu’un tout en restant personne. Une mise en avant sans le risque de la déception. Bien sûr les critiques existent ici aussi, souvent bien plus virulente que dans le monde réel, la virtualité fonctionnant dans les deux sens, mais l’avantage de l’ouverture à tous nous laisse la possibilité de se dire que l’acerbité de ces critiques n’est dû qu’à l’amertume de personnes déçues de s’être égarées en un lieu où le seul enrichissement ne fût finalement que celui du fournisseur de l’électricité gâchée à lire ces mots… Vous me trouvez égocentrique ? Demandez-vous si ce pas une "qualité" nécessaire à la rédaction d’un blog !